Tout est prévu. Tu n'as rien à ramener.
On cuisine, on peint, et à aucun moment on ne fait semblant d'être bons en quoi que ce soit.
Il y a trois choses à faire dans la soirée et elles s'emboîtent : pendant que la pâte repose, on peint. Pendant qu'on peint, la sauce mijote. Et le dessert, on le prépare tout au début pour ne plus y penser.
Rien n'attend. Personne ne s'ennuie.
Tu peux refermer quand tu veux.
Une seule pâte, un seul saladier. Interdiction de pétrir chacun son tour : les deux paires de mains dedans en même temps. C'est collant, c'est mal fait, et c'est probablement le meilleur moment de la soirée.
Personne ne s'en sort les mains propres.Un cheesecake sans cuisson, monté en bocaux. Quinze minutes de travail, zéro four, et il prend au frais pendant qu'on fait tout le reste. On le fera en deux, avec un rôle chacun — impossible de le réussir seul proprement.
On ne le regarde plus jusqu'à la fin de la soirée.Biscuits écrasés et beurre fondu mélangés, tassés au fond des bocaux. La crème par-dessus. Au frigo, minimum 3 heures — d'où le fait de le faire en premier. Le temps qu'on peigne, qu'on cuisine et qu'on mange, il sera parfait.
Trois manches. Même sujet imposé, deux feuilles, dix minutes chrono. On ne regarde pas chez l'autre — on retourne sa feuille dès qu'on a fini. Révélation simultanée, à trois-deux-un.
Tu me peins sous forme de l'animal qui me ressemble le plus, et moi pareil. Il faut savoir justifier son choix — et la justification compte autant que le dessin. C'est là que ça devient dangereux.
Sans mots, sans lettres, sans dates. Si l'autre devine la scène en moins de trois essais : +3 points. Sinon, il a le droit de se moquer.
Sujet : ta pizza, telle que tu l'imagines parfaite. Mais avec la main non-dominante, et cinq minutes seulement. Bon courage à nous deux.
| C'est ressemblant — soyons indulgents | 3 |
| Ça m'a fait rire aux éclats | 5 |
| Ça m'a touché | 5 |
| Usage audacieux d'une couleur improbable | 2 |
| Bonus « je l'accroche vraiment au mur » | 10 |
On note la toile de l'autre, jamais la sienne. Et on n'a pas le droit de mettre zéro. Jamais.
La pâte a doublé, la sauce a réduit. On garnit chacun de son côté et on ne montre sa pizza qu'une fois enfournée.
Puis on s'accroupit tous les deux devant la vitre du four. C'est obligatoire.Une gousse d'ail écrasée dans l'huile d'olive, une minute. On ajoute 400 g de tomates concassées, une pincée de sucre, sel, poivre, origan. On laisse réduire à feu doux pendant qu'on peint. À la fin : basilic frais déchiré à la main.
On en met peu. Une pizza noyée est une pizza triste.
Mozzarella bien égouttée (essorée dans du papier absorbant, sinon elle rend de l'eau) et une poignée de parmesan râpé pour le goût.
Four à fond — 250 °C, chaleur tournante, plaque préchauffée à l'intérieur. Huit à dix minutes, pas plus. On surveille à travers la vitre.
On sort les bocaux du frigo et on installe la palette : coulis de fruits rouges, chocolat fondu, zestes de citron, fruits frais, éclats de biscuit, une pincée de fleur de sel.
Et voilà la règle : chacun décore le bocal de l'autre, pas le sien. En essayant de deviner ce qui lui ferait le plus plaisir. Interdiction formelle de demander.
C'est le vrai test de la soirée. Il vaut plus que les trois manches réunies.Voilà. C'est tout.
Viens comme tu es, on s'occupe du reste.
Et si tu détestes peindre, on garde les pizzas et on trouve autre chose à rater.